Dans la crise, la branche a démontré sa flexibilité

Lorsque la pandémie de COVID-19 a atteint la Suisse en février 2020 et s’est aggravée en mars, les hôpitaux suisses ont fait la démonstration de leur flexibilité et de leur aptitude à affronter l’adversité. En un temps record, les institutions ont adapté leurs structures pour soigner au mieux tant les malades atteints du COVID-19 que les autres groupes de patients. Une performance extraordinaire: les responsables comme l’ensemble du personnel médical et soignant méritent notre profonde estime.

Les conséquences financières ne sont toujours par réglées
La capacité d’adaptation et la réactivité des hôpitaux et cliniques sont d’autant plus remarquables que la prise en charge des coûts supplémentaires pour les lits, le matériel de protection et le personnel ainsi que la compensation du manque à gagner dû à l’interdiction des traitements par la Confédération n’étaient pas du tout clarifiées à ce moment-là. Cette question est toujours en suspens. Il était clair pour le Conseil fédéral qu’il incombait aux cantons de participer. H+ est intervenue dans le cadre des débats parlementaires sur la loi COVID-19 pour que la couverture des coûts en cas de pandémie soit précisée. Or, bien que les Chambres fédérales aient conscience du problème, elles ne se sont pas entendues sur une solution nationale définitive. L’enjeu est de taille car seule une réponse claire à la question «Qui assume les coûts des hôpitaux et des cliniques liés à la pandémie?» serait gage de la sécurité juridique et financière pour les membres de H+.

Orientés solutions sur les grands dossiers de politique de la santé
À côté de la crise du COVID-19, des repères devaient être posés sur d’importants sujets de politique de la santé. Dans les délibérations parlementaires sur les aspects tarifaires du premier volet de mesures visant à freiner la hausse des coûts, H+ a plaidé en faveur de la création d’un bureau tarifaire pour l’ambulatoire et, dans ce contexte, de l’élaboration de forfaits pour ce secteur également. De ces deux conditions importantes dépendent le rétablissement de la paix tarifaire entre les partenaires et l’application de tarifs couvrant enfin les coûts des prestations ambulatoires. C’est ainsi seulement que les hôpitaux et les cliniques pourront générer les moyens financiers nécessaires afin d’investir pour demain – dans les infrastructures comme dans les ressources humaines.

H+ va donc combattre les révisions de l’ordonnance sur l’assurance-maladie ainsi que le deuxième volet de mesures de la Confédération, pour que les hôpitaux et les cliniques disposent de conditions cadres équitables et que leur assise financière ne soit pas davantage réduite. C’est le seul moyen de prévenir un démantèlement incontrôlé de la branche hospitalière en Suisse, qui mettrait en péril les soins médicaux à la population et leur haut niveau de qualité. Nous ne pourrons pas atteindre seuls cet objectif. Ce ne sera possible qu’avec nos partenaires. Il convient dès lors de discuter de manière ouverte et constructive avec eux et d’élaborer ensemble des solutions qui seront soutenues par toutes les parties.

Les limites du système
La crise du COVID-19 a mis en évidence l’importance d’un système de santé qui fonctionne bien. Elle nous a aussi montré qu’il est fragile et qu’on ne peut le charger au-delà d’une certaine limite. Ce sont des êtres humains qui font fonctionner le secteur de la santé. Il faut en tenir compte dans la situation actuelle, mais aussi à l’avenir. À cette fin, le monde politique doit établir de bonnes conditions cadres.

Contact

Isabelle Moret
Présidente